Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /Déc /2008 17:59
 

"En 1997, la terre entre pour la première fois en contact avec des extraterrestres les Taurans. Cette rencontre marque le début d’une guerre sans merci. Les autorités terriennes décident d'envoyer un contingent délite, et mettent au point un programme d'entraînement dune rudesse inhumaine, destinée à “produire” des soldats capables de tout subir. William Mandella est l'un d'eux, et c'est sans crainte qu'il part au combat. Mais le voyage dans l'espace n'est pas sans inconvénient : aux confins de l'univers, l'armée terrienne va franchir sans le savoir, des portes de distorsion spatio-temporelle. Pour William, qui survit miraculeusement d'une mission à l'autre, cette guerre semble partie pour durer... "

Indisponible jusqu’à très récemment, j’ai dû attendre longtemps avant d’avoir ce livre entre les mains, mais le jeu en valait la chandelle. Au final, j’ai découvert un petit bijou qui se doit de figurer au Panthéon de la science-fiction.


Haldeman nous livre ici un brillant réquisitoire contre la guerre, manière d’exorciser ses propres démons. L’histoire poignante de jeunes et brillants étudiants, promis à un bel avenir et qui se retrouvent plongés dans un conflit absurde.


En plus de ce plaidoyer profondément pacifiste, l’autre intérêt de ce roman est qu’il est écrit par un vétéran doublé d’un physicien, ce qui n’apporte que plus de crédit à cette œuvre. 
 

Pour le coté scientifique, s’il y a certes quelques erreurs et passages sous silence (attention Charon du roman (1974) n’est pas la lune de Pluton (découverte en 1978) mais une planète hypothétique), Haldeman essaye, tant que faire ce peut, de coller à une certaine réalité physique, par exemple les caissons permettant la survie aux accélérations de plusieurs dizaines de g.


L’exemple le plus frappant de cette réalité scientifique et qui fait toute la force du roman est sans doute la dilatation temporelle prévue par la relativité restreinte, qui en outre permet de présenter d’une manière imagée, le décalage entre les soldats de retour du Vietnam et leur compatriote resté au pays.


Quoi qu’il en soit, même si « la guerre éternelle » n’est pas dénuée de quelques défauts, il s’agit tout simplement une œuvre majeure, intelligente, sombre et réfléchie de la littérature contemporaine et pas seulement de la science-fiction.
Profondément pacifiste...

Note : 4.5/5

 

Par Eric - Publié dans : Livre
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Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /Déc /2008 17:48

"La Grande Porte, c'est un astéroïde construit par la très avancée civilisation des Heechees. Ils ont disparu, les Heechees, mais sur place sont restés des astronefs programmés pour se rendre un peu partout dans l'univers. Venus de leur planète (bien polluée !), des Terriens s'embarquent : selon la destination, ce sera la fortune, la démence ou la mort. Un risque... Broadhead est revenu, lui, et riche. Il vit à New York, sous la Grosse Bulle protectrice, et il séduit les filles en leur racontant Sirius ou Orion. Que souhaiter de plus ? Et pourtant, chaque semaine, il court, anxieux, chez Sigfrid von Shrink Non, ce n'est pas un ami, c'est un ordinateur, psychanalyste de son état..."


Il y a de ces livres que l'on ouvre un peu par hasard et que, une fois terminé, l'on referme en un « Waouh... » admiratif. La grande porte est de ceux-là. Relativement méconnu et pas toujours évident à trouver en librairie, il n'en est pas moins un chef d'oeuvre de la science-fiction qui mérite amplement ses nombreux prix.

 

Apogée d'une carrière consacré à la science-fiction, ce magnifique roman reprend néanmoins un certain nombre de faits scientifiques, preuve de l'intérêt de Frederik Pohl pour les sciences spatiales.

Le livre se découpe en trois parties qui s'entremêlent. Le présent qui correspond à la psychanalyse de Broadhead et à ses frasques de milliardaire oisif. Le passé qui revient sous forme de flashbacks suite à la psychanalyse et qui retrace sa vie sur la grande porte. Et la troisième partie, très originale, qui vient ponctuer le récit, est constituée d'annonces, de rapports ou autre que l'on peut notamment trouver sur la grande porte, et qui renforce l'immersion du lecteur.

 

Au-delà de l'aspect science-fiction pur qui est magnifique et qui nous fait voyager, ce qui fait la force de ce roman est surtout la psychologie des personnages. Par exemple, Pohl nous décrit avec brio les tensions qui règnent dans un vaisseau spatial de quelques mètres cubes habitable, dans lequel sont entassées 5 personnes pendant des mois. La tension et l'envie qui règnent continuellement sur la grande porte : partage entre la peur de mourir et l'excitation de devenir immensément riche.

 

Enfin, écrit à la fin des années 70, le roman fleure bon la liberté sexuelle et fait preuve d'une large ouverture d'esprit sur ce point, qui s'accorde parfaitement avec l'exigüité de la Grande Porte et de ses vaisseaux.

 

En quelques mots il s'agit là d'un très grand roman de science-fiction, un néo-space opera magnifique et intelligent qui doit avoir une place de choix dans toutes bibliothèques.


Note : 4.5/5

 

Par Eric - Publié dans : Livre
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