Partager l'article ! Pontesprit – Joe Haldeman: "Des êtres multiformes et télépathes anéantissent avec une violence inouïe les membres d'une expédition de ...
"Des êtres multiformes et télépathes anéantissent avec une violence inouïe les membres d'une expédition de
routine chargée d'explorer une planète jugée sans danger. On ignore tout de leurs mobiles, aucune communication avec eux n'est possible. Or tout porte à croire qu'ils se préparent à envahir la
Terre. Dernier espoir de l'humanité : établir le contact avec eux par le truchement d'un petit animal extraterrestre récemment découvert sur une autre planète ; un animal ayant la particularité
d'établir un lien psychique entre les deux êtres qui le touchent en même temps. Mais la compréhension peut-elle naître entre deux races orgueilleuses que tout semble opposer
? "
Dès les premiers chapitres, la comparaison avec "la guerre éternelle" s’impose : Haldeman revient sur les thèmes abordés auparavant dans ce qui restera sans doute son chef-d’œuvre. On retrouve dans Pontesprit la guerre (du moins quelques batailles), inutile, absurde, contre une société extraterrestre à peine découverte (mais pour une fois ce n’est pas l’homme qui lance les hostilités), une guerre basée une fois de plus sur une incompréhension mutuelle. Une fois de plus, de petits génies se retrouvent sélectionnés pour de dangereuses missions d’exploration, stigmate de la guerre du Vietnam qui lui a fait abandonner ses études de physique. On retrouve l’évolution d’une société vers une conscience commune dans laquelle la notion d’individu n’existe pas.
Mais si Pontesprit laisse un petit gout de déjà-vu, cela reste tout de même un ouvrage tout à fait original. Haldeman présente simplement les thèmes qui lui sont chers sous une forme différente de celle utilisée dans "La guerre éternelle". Le ton est beaucoup plus léger et les vicissitudes du héros font sourire. La construction littéraire est également très intéressante, si l’on reste sur une écriture sans fioriture (mais au combien efficace), Haldeman casse un peu les codes en agrémentant le roman de chapitres de livre de l’époque, de planning de missions, et autre compte-rendu de missions, un peu comme Pohl dans "la grande porte". De plus, la science(-fiction) de Pontesprit vaut le détour : le TLM (sorte de téléportation) et le rappel élastique qui en découle sont une excellente trouvaille extrêmement bien développée, et qui pose des limites très intéressantes à l’exploration spatiale.
Bref si Pontesprit est un cran au-dessous de "La guerre éternelle", il n’en reste pas moins
un excellent roman.
Note 3.5/5